Comment a été acheté, installé et utilisé le serveur mail d’Hillary Clinton ?

Basé sur le rapport d’enquête du FBI disponible à vault.fbi.gov/hillary-r.-clinton/hillary-r.-clinton-part-01-of-04/view

En 2007, Justin Cooper, un assistant du président Bill Clinton, acheta un serveur Apple OS X dans le but d’installer un serveur mail pour l’équipe du président Clinton. Pour distinguer les emails de la présidence et les emails des activités extra-présidentielles, Bill Clinton demanda à ce que le serveur soit installé dans la résidence privée des Clinton à Chappaqua (C’est une maison du XIXe siècle , 5 chambres, au fond d’un cul-de-sac campagnard) . Le serveur fut installé en juin 2008 par un technicien Apple dans le sous sol de la résidence. Cooper était à l’époque le seul sysadmin. Le serveur hébergaient les sites presidentclinton.com et wicoffice.com , utilisés par l’équipe du président Bill Clinton.

Avant de devenir Secrétaire d’Etat (le 21 janvier 2009), Hillary Clinton utilisait un Blackberry, et des adresses en @att.blackberry.net . En janvier 2009, Hillary change d’adresse email pour une adresse en @clintonmail.com

En janvier 2009, le serveur Apple devient vieux. Sur la recommandation d’Huma Abedin, Cooper contacte Brian Pagliano pour mettre en place un nouveau serveur.

Pendant l’hiver 2008 – 2009, Pagliano récupère du matériel informatique de la campagne d’Hillary Clinton (campagne des primaires contre Obama) pour l’installer à la résidence des Clinton et transfère le serveur de mails sur cet équipement, le « serveur Pagliano ». Il supprime le contenu de l’ancien serveur Apple, qui est ré-utilisé par le personnel de maison de la résidence Clinton. Le nouveau serveur est géré par Pagliano et Justin Cooper s’occupe du « support clients ».

En mars 2009, un certificat SSL est lié au serveur, ce qui n’était pas le cas auparavant.

Au printemps 2013, le serveur Pagliano se fait vieux, et Pagliano change d’horizon professionnel. L’acquisition et l’installation d’un nouveau système est demandée à une société de services, PRN Platte River Networks, choisie par Hillary Clinton.

En juin 2013, le serveur Pagliano est physiquement transporté depuis la résidence Clinton vers le datacenter d’Equinix au New Jersey pour être migré sur un nouveau serveur pendant l’été 2013.

Dans la demande de prestation, les Clinton avaient demandé un haut niveau de sécurité pour limiter les intrusions. Mais la société de prestations, PRN, décide finalement de ne pas trop durcir le serveur mail pour permettre une administration système plus facile. Il y avait cependant un système de détection d’intrusion (IDS/IPS), CloudJacket de SECNAP Network Security, et deux firewalls.

En décembre 2014, Hillary Clinton et Huma Abedin comment à utiliser de nouvelles adresses en hrcoffice.com . L’enquête du FBI a estimé qu’aucun matériel confidentiel n’avait été échangé sur ces adresses.

Par ailleurs, le FBI a dénombré 13 téléphones sur lesquels Hillary Clinton a utilisé ses adresses en clintonemail.com, dont 11 BlackBerry, dont 8 pendant son mandat de Secrétaire d’Etat. Ces téléphones n’ont pas pu être récupérés par le FBI. Le FBI a aussi dénombré 5 Ipad utilisés avec ces adresses, dont 3 ont pu être récupérés.

Une assistante d’Hillary témoigne que Hillary changeait souvent de téléphone. Quand son téléphone mal fonctionnait, elle en demandait un nouveau. Parfois elle revenait à l’ancien car elle était mieux habituée à l’interface. Les anciennes cartes SIMS étaient jetées par l’équipe Clinton. Cooper se souvient à deux reprises avoir physiquement détruit un ancien téléphone d’Hillary.

Pour ceux qui veulent approfondir les aspects techniques, vous pouvez consulter les rapports d’enquêtes du FBI.

Aujourd’hui (novembre 2016) le FBI cherche à retrouver la machine Apple sur laquelle a été installée le serveur initialement.

Le contenu des laptops de deux assistants de Clinton Cheryl Mills et Heather Samuelson pourrait aussi être intéressant, mais ces deux personnes ont bénéficié d’une immunité du Ministère de la Justice au printemps 2016, et à l’époque, leurs ordinateurs auraient été détruits. On a appris depuis que des agents du FBI ont refusé de détruire ce qu’ils considéraient comme des preuves dans une enquête en cours.

Par ailleurs, l’ordinateur d’Anthony Weiner, saisi dans une autre enquête (sexting avec des jeunes femmes mineures), contient des emails envoyés ou reçus depuis le serveur privé. Il semblerait que ces emails ne sont pas des doublons (« not duplicate ») des emails déjà connus.

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