Comment a-t-on su qu’Hillary Clinton utilisait un serveur « hors les murs » ?

C’est l’article du NY Times du 3 mars 2015 qui a révélé au public qu’Hillary avait utilisé pendant son mandat un serveur email privé, hors les murs du Département d’Etat. Cette utilisation était exclusive, au point qu’Hillary n’avait pas d’adresse email officielle.

A l’origine de cette révélation, c’est la commission d’enquête parlementaire sur Benghazi (l’attaque du bâtiment consulaire des USA à Benghazi, et la mort de l’ambassadeur Stevens) qui a découvert cette pratique. En demandant la communication des emails concernant cette attaque, ils n’ont reçu que 300 emails du Département d’Etat. La commission d’enquête était présidée par Trey Gowdy, le député républicain de la Caroline du Sud.

Avant l’article du NY Times, on avait déjà quelques doutes.

Ce paragraphe est la traduction de en.wikipedia.org/wiki/Hillary_Clinton_email_controversy

Dès 2009, des officiels de la NARA (National Archives and Records Administration) s’inquiétaient des possibles violations des normes fédérales d’archivage au Département d’Etat pendant le ministère Clinton.

En décembre 2012, à la fin du mandat de Clinton comme secrétaire d’État, l’association CREW (Citizens for Responsibility and Ethics in Washington – Citoyens pour la responsabilité et l’éthique à Washington), ont déposé une requête FOIA sur les emails d’Hillary Clinton. En mai 2013, il leur fut répondu « aucun enregistrement relatif à votre requête n’a été trouvé ».

Les premiers emails envoyés vers l’adresse « hors les murs » ont été découverts en mars 2013, quand Guccifer, un hacker, a diffusé largement des emails envoyés par Sidney Blumenthal à Hillary Clinton. Les emails furent obtenus illégalement par Guccifer en hackant le compte email de Blumenthal, qui était employé de la Clinton Foundation, et n’avait pas d’habilitation de sécurité. Les emails portaient sur l’affaire Benghazi (2012) et sur la Lybie et contenaient des informations que le Département d’Etat jugea a posteriori confidentiel-défense. C’est la première fois qu’on voyait apparaître publiquement l’adresse @clintonemail.com.

Pendant l’été 2014, des avocats du Département d’Etat remarquèrent un certain nombre d’emails de l’adresse personnelle d’Hillary en étudiant des documents demandées par la commission parlementaire sur Benghazi. Une demande de documents supplémentaires par le Département d’Etat conduit à une phase de négociations avec les avocats et les conseillers de Clinton. En octobre, le Département d’Etat étendait sa requête de documents à tous les Secrétaires d’Etat jusqu’à Madeleine Albrigt. Le 5 décembre 2014, les avocats de Clinton déposèrent 12 boîtes remplies d’impressions de 30 000 emails. Clinton décida de ne pas livrer 33 000 emails considérant qu’ils étaient de nature personnelle.

C’est ici que débutent la saga des 33 000 emails. A l’époque, Clinton déclare que ces emails sont de nature personnelle (« l’organisation du mariage de Chelsea » et des « rendez vous de yoga »). Elle déclare aussi qu’elle pensait que ces emails étaient enregistrés dans les archives fédérales car « envoyés à des adresses en state.gov » (adresses du Département d’Etat, dont les contenus sont eux archivés.


Hillary Clinton : pourquoi j’ai utilisé un email personnel (mars 2015)

[En donnant les emails au Département d’Etat], « j’ai décidé de ne pas inclure mes emails personnels, des emails sur la préparation du mariage de Chelsea (la fille de Bill et Hillary), des funérailles de ma mère, des lettres de condoléances, des exercices de yoga, l’organisation des vacances familiales et toutes ces choses qu’on trouve dans toutes les boîtes de réception. Personne ne voudrait voir ces emails publiés, et je pense que la plupart des gens le comprennent et respectent cette intimité »

Depuis, et deux ans plus tard, ces 33 000 emails sont toujours non publiés. En plus de la quête pour retrouver ces emails, d’autres hacks (le plus connu étant les #Podestamails) ont eu lieu autour de cette affaire.

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