Les deux victoires du Jour de Colère

Première victoire, celle d’avoir fait naître les ferments de la coagulation : Jamais on avait vu une population si diverse (et supposée adverse), qui se réunit dans la rue, au mois de janvier, sans le soutien d’un organe constitué. Deux tiers d’hommes, quelques familles, quelques ados, peu d’enfants. Quelques handicapés en fauteuil (chapeau !). Des Hommen torse nus (j’espère qu’ils ont tournés entre eux, sinon c’est la bronchite). Des artisans, des centres équestres, des Manif pour Tous. Des quenelliers. Des lyonnais en grande forme. Une bonne sono au début. Des musiques bizarres à la fin ; va falloir choisir un thème, les gens ! Des interventions trop longues, comme toujours. Beaucoup de slogans. Pas de délires extrêmistes, contrairement à ce qu’on dit les médias. On est dans le dur, dans le sérieux, dans le résolu. Ca va se refaire.

L’objectif initial de ceux qui voulaient manifester plus fermement que l’année dernière est atteint. Les slogans vainqueurs à l’applaudimètre sont « Hollande Démission » et la Marseillaise. Sans oublier Manuel Valls, pire ministre de l’Intérieur de l’histoire (a-t-on jamais vu un chef de la police laisser passer un Closer cinq jours avant une conférence de presse d’importance ?), qui a subi le pire lazzi de sa vie à son apparition sur les écrans géants de la place Vauban. Sur ce point, l’entente était chaleureuse.

Deuxième victoire, la rencontre inédite entre français de souche (globalement représentés par les groupes cathos/familiaux plus ou moins crispés) et les français de branche (sous la bannière liberté d’expression, Alain Soral en tête, mais surtout avec un paquet de citoyens français de toutes les sensibilités).

La cohabitation était inattendue et suscitait quelques inquiétudes : comment faire se rapprocher des cathos de droite anémiés en culture politique et économique qui voient encore les bronzés comme l’ennemi et des français de branche a priori peu enclins à sympathiser avec des gaulois pas franchement islamophiles ? J’ai vu de mes yeux les membres de la bannière liberté d’expression voisiner à dix mètres des bannières de Civitas. On comprend que le pouvoir chie mou. Les quenelliers étaient nombreux, l’ananas fiché sur un manche à balai tenant lieu de banderole et la quenelle de signe de ralliement. La présence sur le podium était largement nécessaire, dommage que le manque de préparation (?) ait paralysé la prise de parole.

Et le rassemblement : un vrai échantillon du peuple francais, salariés, chômeurs, cathos crispés, français de branche zen mais quand même, tous râleurs invétérés, rassemblés par l’esprit gaulois. Des défiances encore, mais pas de friction.

Les interventions au podium furent un peu longues, comme toujours. Deux interventions sortaient du lot : Thierry Borne, auteur du meilleur amendement que l’Assemblée ait reçu depuis longtemps, et Xavier Kemlin, l’homme qui porte plainte contre le Président, preuve que l’heure est aux gens d’action.

Peu visible encore ce jour là, une vraie remontée aux causes des causes : représentativité, monnaie, souveraineté. Quelques banderoles des Chouartistes , quelques-unes contre le libéralisme et les banques, une belle banderole contre l’euro, mais pas de prise de parole. En attendant, pas mal de groupes courent leurs lièvres habituels (le mariage pour tous n’étant que le dernier avant le suivant). S’attendre à ce que le même système produise des résultats différents est utopique pour dire le moins. À ce compte, l’appel au Parlement pour destituer le Président est doucement rêveur. Il s’agit du même Parlement (aux étiquettes près) qui a ratifié un Traité de Lisbonne refusé par la volonté populaire. Pourquoi mordrait-il la main qui le nourrit ? Les cathos versaillais compteront leurs dix soutiens à l’Assemblée, sans lendemain.

Tous les espoirs résident donc dans cette coagulation qui dépassera les bornes établies, qui met déjà à nu les médias aux ordres (citoyens français sans distinction de couleur + drapeau tricolore + refus des médias dominants + chant partisan = pouvait-on même imaginer cette équation il y a deux ans ?),

et qui demain, on l’espère, exprimera notre volonté de sortir de ce système triste et épuisé.

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